LES 11 RAPPEURS À SUIVRE EN 2019 !

booska-p.com

Les illustrations sont toujours l’oeuvre du talentueux IamHoveh.

Comme chaque année Booska-P revient pour présenter son onze de départ. Ces 11 jeunes rappeurs à suivre pour 2019 sont réunis pour une sélection sous forme de photographie du rap dans sa diversité composée de talents sur lesquels nous avons décidé de miser. La précédente édition était particulièrement réussie : d’une part par son casting avec des artistes comme Maes, Moha la Squale, Soolking, Zola ou RK ; d’autre part, parce qu’elle inaugurait pour la première fois le volet vidéo de ce format avec 5 freestyles inédits. Pour cette quatrième édition, ce sont les 11 artistes qui ont performé dans des freestyles inédits qui marqueront assurément ce début d’année.

Heuss L’enfoiré 

Le rappeur le plus 9.3 du 9.2 s’est fait remarquer grâce à son freestyle BX Land #1 (qu’il introduit, à tort, par « Je suis sur la street, j’suis pas sur Booska-P »). Il a ensuite créé des liens amicaux et business avec Sofiane et son équipe d’Affranchis Music avec qui il multiplie les collaborations musicales. Durant toute l’année 2018, il a élargi sa palette artistique tout en restant fidèle à son flow nonchalant et ses rimes inédites. Heuss sortira son premier projet le 25 janvier, En Esprit, dont les premiers extraits cartonnent déjà (y compris L’addition avec Vald). On peut parier sans risque que 2019 sera carré comme en Corée du Nord pour le rappeur de VLG (92).

Gianni

Il n’aura pas fallu longtemps à Gianni pour faire montre de son potentiel. En 2017, il a signé un premier clip via Daymolition dans lequel Ninho faisait une apparition. Après avoir doublé la mise avec La Pelota, le jeune rappeur originaire de Romainville s’est émancipé pour esquisser seul les prémices de sa musique. Ainsi, il s’est emparé de l’année 2018 et l’a parsemée de plusieurs inédits aux visuels léchés qui font état d’une bonne technique et d’une maîtrise de l’autotune convaincante. Toutefois, c’est son EP D.D.M. sorti chez Bendo Music qui va propulser Gianni dans une autre dimension : en cinq titres, il signe une carte de visite hypnotique et hors du temps, où ses fredonnements autotunés dessinent un projet poignant et élégiaque. Sa musique devrait séduire le plus grand nombre très rapidement. Toutefois, pour concrétiser, il devra épurer son style et concilier son côté conceptuel avec un long format 

Youv Dee

Il est probablement le plus Américain de cette promotion. Avant de se lancer seul, le jeune rappeur originaire de Saint-Brice en région parisienne a exercé au sein de son groupe nommé l’Ordre du Périph’. En 2016, leur premier morceau, MTH, a tout de suite captivé son auditoire au point de dépasser le million de vues. Sûr de son art, Youv Dee s’embarque dans une carrière en solo plus qu’intéressante. En effet, le rappeur est biberonné au SoundCloud rap américain : Lil Yachty, Lil Uzi Vert ainsi que la scène juvénile de Miami composée de feu XXXTentacion, Lil Pump ou encore Ski Mask bercent non sans rudesse ses oreilles. A cette culture outre-Atlantique, il mélange son amour pour la culture manga, notamment One Piece. De cette fusion sont nés deux premiers projets solo prometteurs, Gear 2 et Gear 3, qui positionnent Youv Dee comme un OVNI spécialiste du turn up à ne surtout pas perdre de vue. Pour perdurer, il gagnerait à explorer de nouveaux horizons, à l’instar de ses multiples inspirations.

Nelick 

En balance entre Champigny-sur-Marne et le 19ème arrondissement de Paris, Nelick est un très jeune artiste à l’identité très prononcée. Proche de Lord Esperanza avec qui il forme le groupe Pala$$, il a fait de 2018 sa tribune. En effet, il a saupoudré l’année de sa musique éthérée à travers trois projets qui exploitent le running gag de Kiwi Bunny, un mélange entre son fruit préféré et ses incisives prononcées qu’il a depuis perdu. Son inspiration, il la puise d’artistes comme Drake ou encore Aminé et développe un rap sucré et suave où les mélodies se succèdent. Ses visuels très soignés débordent de couleurs pastel qui accentuent le doux charme de sa musique. Décidément, Nelick a toute la panoplie pour séduire encore plus en 2019. Il gagnerait toutefois à s’affranchir de son étiquette de « rappeur gentil » pour toucher un public plus large.

COR

Le jeune rappeur originaire d’Aulnay-sous-Bois est un bulldozer. Brut de décoffrage, il a matraqué sans merci l’année 2018 grâce à l’appui de la chaîne Daymolition. En effet, COR s’est lancé dans une série de freestyles – outil imparable pour prouver ses qualités de rappeurs – nommée #Oinj. Et il semblerait que le rookie soit un gros fumeur… Pourtant, huit épisodes plus tard, le coffre du rappeur est intact. En tenant tête à Timal alors qu’il consumait son #SixièmeOinj, COR a confirmé ses talents de rappeurs indéniables : doté d’une technique imparable, il se sert de sa voix rocailleuse pour délivrer un rap violent, très attaché à la rue. Le rappeur devrait continuer de distribuer des claques de bitume. Pour briser son plafond de verre, il devra travailler sur l’élargissement de sa palette artistique encore trop restreinte.

D.A.V

Il est le seul représentant de la Belgique de notre promotion. Toutefois, D.A.V, seul, en impose comme dix. Depuis une paire d’années, il fait pleuvoir les inédits sur la chaîne YouTube de Daymolition. A travers sa série de freestyles nommée #BruxellesJeReprésente, le rappeur belge déploie un rap extrêmement agressif qui rappelle la trap telle qu’on l’a connue en France il y a quelques années. En faisant le pari de faire revivre ce style, D.A.V s’est attiré les louanges d’un public de plus en plus large au point que le dernier épisode en date de sa série explose le million de vues. Fervent représentant du district 12 de Bruxelles, il lui a rendu hommage dans son dernier single en date, District Fighter, un énième concentré de violence qui promet des déflagrations en série pour 2019. Néanmoins, pour pérenniser sa carrière, il lui faudra faire évoluer sa trap vers d’autres sonoritésavant qu’elle ne devienne une impasse.

Bolémvn

Fier représentant du Bat7 (91), Bolemvn profite de l’appel d’air créé par Koba LaD pour faire valoir son propre style. Lui aussi membre du Seven Binks, actif depuis deux ans en solo, il connaît son premier succès en avril 2018 avec Gars du 7. En novembre, il publie un EP nommé Quel Vie (sic), avant d’apparaître dans le WESH. Après avoir affolé les maisons de disques, on s’attend à un premier long format en 2019. Pour réussir, il devra s’affranchir de sa filiation avec Koba pour ne pas s’enfermer dans son sillon. Cependant, jusqu’à présent, Bolé du 7 impose son style propre (tant musical que visuel) qui lui permettra assurément de marquer cette différence.

Kikesa

Un artiste qui sort un clip tous les dimanches et qui explose après une vidéo de Seb La Frite… Rilès ? Eh non, il s’agit de Kikesa, rappeur de Nancy (dans l’Est de la France). Sa série de morceaux au style potache détonant, DIMANCHE DE HIPPIE (qu’il rassemble dans ses mixtapes streaming), cumule des centaines de milliers de vues à chaque clip. S’il doit encore consolider son audience (ses vues étant sur pente descendante depuis la vidéo du YouTubeur qui l’a fait exploser), c’est déjà un vrai phénomène en concert, où le public comme les professionnels plébiscitent ses prestations scéniques. Kikesa est tant demandé par ses fans qu’il a annoncé un Olympia avant même la sortie d’un réel projet, après avoir rempli deux fois la Maroquinerie. Pour se démarquer en 2019, il devra rassembler deux publics avec cette première galette : celui du disque et celui de la scène.

100 Blaze

Seul Marseillais de cette sélection, âgé de seulement dix-huit ans, 100 Blaze est la nouvelle signature de Def Jam France. Tout est allé très vite pour l’autoproclamé Léonidas après la sortie de son freestyle 100Pac où il mélange français et anglais avec aisance. Un engouement qu’il confirme lors de son passage remarqué dans Rentre dans le cercle et dans la nouvelle saison de WESH. Poussé par son label DreamStreetMusic à qui il prête allégeance, et par ses nombreuses relations dans la nouvelle génération (Koba LaD ou encore RK), 100 Blaze pourrait être la prochaine pépite marseillaise à atteindre une renommée nationale comme YL avant lui. Pour cela, il devra montrer ses capacités en dehors du format freestyle, où il a déjà prouvé une aisance certaine.

Zikxo

Si on trouve un remix de 10 ans de Guizmo daté de 2014 sur sa chaîne, c’est bien avec sa série Freestyle Temps que Zikxo a émergé. Une recette simple faite d’instrus boom bap et d’un flow typique du rap français lui permettra de faire résonner sa musique bien plus loin que son quartier, Bondy (93), jusqu’à Marseille et Jul. Ce dernier l’invitera à freestyler sur son Planète Rap : on devine assez facilement qu’il s’est reconnu dans cette manière de rapper « à l’ancienne ». Après sept mois de rythme intensif, il clotûre les trente Freestyle Temps avec le morceau Freestyle Quart-Temps et annoncesa signature chez Rec. 118 avec le clip Zikyenne. Même si on connaît le Bondynois pour ses rap au kilomètre, il laisse sous-entendre plus d’ouverture musicale pour son premier projet lors de son passage dans WESH.

Da Uzi

Le rappeur Da Uzi, âgé de vingt-cinq ans, a inondé les médias de multiples freestyles explosifsen 2018 (Skyrock, OKLM, Booska-P, etc.) en déversant son énergie débordante de mélancolie – on frôle le paradoxe. Digne représentant de Sevran, on le voit collaborer avec Maes et 13 Block et brandir fièrement l’étendard du 2.7.0 dans ses morceaux. C’est sa collaboration Entre les Murs avec son collègue et acolyte Ninho qui lui fera passer un cap puisqu’il signe dans la foulée chez Rec. 118. Dans ce titre, il réalise le petit exploit de tenir tête au rappeur le plus combatif du moment, et s’offre une énorme visibilité pour la sortie de La vraie vie, le deuxième extrait de sa mixtape Mexico à paraître le 18 janvier prochain. 

Vous êtes arrivés au bout de cette cuvée 2019, dont on retient principalement l’énorme diversité des artistes. Avec cette sélection, nous avons essayé de faire honneur aux différents styles de rap qui font aujourd’hui la force du rap français plutôt que se concentrer uniquement sur les artistes les plus en vue du moment. Ensemble, ils forment toutefois une seule et même école de rap français. La découverte de talent chez Booska-P ne s’arrête pas à ce format annuel, mais se poursuit à travers des articles, émissions ou freestyles toute l’année. On compte sur notre communauté pour être toujours curieuse et continuer à soutenir ces rappeurs à suivre en 2019, et les autres qui se révèleront au fil des mois. Et on vous laisse, si ce n’est pas encore fait, regarder les deux vidéos compilant les freestyles de notre 11 de départ (partie 1 et partie 2).